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KOSOVO : ENCLAVE SERBE DE MITROVICA

La ville de Mitrovica est devenue tristement célèbre dans le monde entier comme symbole de la haine inter ethnique au Kosovo. Séparée en deux par un pont, la ville est peuplée au nord en majorité par les Serbes et au sud, principalement par les Albanais. Les Serbes de Mitrovica souffrent de la pénurie des biens de consommation courants comme les cigarettes, l'essence et la nourriture de première nécessité. Au contraire, la partie albanaise de la ville semble ne manquer de rien.

La pression du nationalisme exacerbé des leaders serbes s’appuie sur l’amertume liée aux restrictions. Les Serbes ont l'impression d'être pris en étau entre Milosevic et l'occident et c'est vers l'étranger, donc vers les Etats-Unis, que la haine se projette. La propagande anti-américaine est omniprésente. Des slogans comme « Fuck the Coca », des représentations satyriques fleurissent un peu partout. Moins souriante, une symbolique macabre trouve un écho très fort chez tous les habitants de Mitrovica. Les idées d'unité nationale, de libération du joug de l'envahisseur, donnent à tous, femmes et enfants compris, l'illusion d'un semblant d'identité. La France est également prise pour cible, visant parfois les soldats français de la KFOR, comme le pays autrefois ami qui les a trahis.


Progressivement, le sentiment général de la communauté serbe bascule et un nationalisme de plus en plus radical se répand. Les rues, et surtout les bars, de Mitrovica sont hantés par des policiers serbes en civil, par d'anciens paramilitaires, et par ceux qui aiment à se vanter « d'avoir cassé de l'Albanais ». L'alcoolisme fait des ravages parmi tous ces déçus de la guerre, habités par la haine et le désir de revanche. Les anciens paramilitaires au chômage sont à la recherche d'une identité perdue. Pour exprimer leurs idées nationalistes et leur frustration, ils vont jusqu'à se mutiler en se dessinant des croix orthodoxes sur le corps avec des brûlures de cigarette.


La peur chronique des Albanais, comme par le passé, est systématiquement entretenue. Cette peur, transformée en rejet par la violence, est ce même élément qui a permis à Milocevic d'entraîner son peuple vers la guerre.