PALESTINE : GREEN LINE & WEST BANK
Green
line, une ligne symbolique invisible qui trace une frontière érigée en
véritable rempart. De l'autre côté les territoires palestiniens en Cisjordanie
et l'Autorité d'Arafat ou ce qu'il en reste. L'autre côté, l'autre rive.
Certaines villes comme Naplouse ou Hebron ne sont que très difficilement
accessibles. Il faut emprunter les chemins de contrebande pour éviter les
check-points israéliens qui appliquent les ordres à la lettre : "on
ne passe pas", pas moyen de discuter. D'autre militaires plus conciliants,
expliquent que personne n'interviendra pour nous chercher si cela tournait
mal. Bethléem reste inaccessible, les snipers israéliens contrôlent la
ville où les chars patrouillent. Les palestiniens réfugiés dans la basilique
de la nativité sortent épuisés par petits groupe pour se rendre.
Villes mortes coupées du monde, ces enclaves dans l'enclave ne voient entrer
et sortir que peu d'habitants. Les quelques 300 checks-points israéliens disséminés
sur l'ensemble des territoires palestiniens sont en état d'alerte et répliquent
aux moindres incidents. Depuis la dernière intervention massive de Tsahal, la
vie quotidienne est devenu impossible est chacun paie le prix des attentats de
Jérusalem et des représailles israéliennes. Oeil pour oeil, dent pour dent.
Aujourd'hui la Cisjordanie est à reconstruire, comment la population
résignée qui endure frustrations et humiliations pourra retrouver la force de
croire à un avenir meilleur ? Où est l'espoir quand les menaces d'attentats,
de représailles et de vengeance planent ?
Mais au sein des populations enclavées, les témoignages et les réactions donnent
une autre couleur à la situation : "ensemble, nous pouvons vivre ici, nous
avons besoin des juifs et eux aussi ont besoin de nous. Se sont nos dirigeants
qui n'arrivent pas à ce mettre d'accord. Le peuple palestinien dans sa grande
majorité et les modérés des deux bords n'ont rien à gagner dans ce conflit interminable".
Dans Cette situation de guerre larvée, où tout se radicalisent, les plus modérés
sont montrés du doigt, les nuances n'existent plus et les amalgames sont fréquents.
Il est facile de passer pour un espion ou un traitre : "difficile d'être
d'accord à 99% avec les thèses des extrémistes et fondamentalistes de tout bord,
il faut absolument leur accorder 100% de notre crédit, sans trop discuter, c'est
inutile d'essayer de convaincre ... il y va de notre vie !"
Arafat, leader amblématique de la lutte palestinienne, dont les portraits gisent
parmi les décombres et les ruines du camp de Jenine qu'il a lui même rebaptisée "Jeningrad",
est de plus en plus isolé. Les factions se radicalisent après sa "libération" et
la levée du siège de Ramallah conditionné par la livraison d'activistes palestiniens
recherchés par Israel. Un lourd tribu à payer selon certain.
Si l'objectif initial de ces deux frères ennemis est de se rendre la vie impossible,
attentats aveugles et meurtriers d'une part et apartheid déguisé d'autre part,
alors l'objectif semble aujourd'hui atteint.
L'armée israélienne embarque ses chars sur des camions. Signes d'apaisements
réels. C'est l'heure de vérité. Arafat reconnaît ses erreurs et promets "une
Autorité profondément réformée et démocratique". Le "no future" des
enclaves du west bank résonne de l'autre côté de la ligne verte, une seule certitude,
au premier attentat, Tsahal ressortira ses chars ...